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RC Pro ou décennale : quelles différences ?

  • Photo du rédacteur: Louis Combret
    Louis Combret
  • 12 juin
  • 16 min de lecture
Artisan du bâtiment comparant RC Pro et décennale en Auvergne

« J'ai déjà une RC Pro, je suis couvert pour mes chantiers, non ? » Cette question, nous l'entendons chaque semaine chez Mon-Assureur, courtier en assurance basé à Clermont-Ferrand. Et la réponse est presque toujours la même : non, pas forcément. La confusion entre responsabilité civile professionnelle et garantie décennale est, de très loin, l'erreur numéro un chez les artisans, les indépendants et les dirigeants de petites entreprises du bâtiment en Auvergne comme ailleurs. Deux assurances, deux logiques, deux durées, deux obligations légales radicalement différentes — et pourtant, beaucoup de professionnels pensent encore que l'une remplace l'autre.

Résumons la différence en une phrase avant de la détailler : la RC Pro couvre les dommages que vous causez aux autres pendant votre activité, la décennale couvre les défauts graves de votre ouvrage pendant dix ans après la fin du chantier. L'une regarde le présent du chantier, l'autre regarde l'avenir du bâtiment. Confondre les deux, c'est s'exposer à découvrir, le jour du sinistre, que l'on n'est tout simplement pas assuré pour ce qui arrive.

L'enjeu n'est pas théorique. Une malfaçon structurelle découverte sept ans après la réception des travaux peut coûter plusieurs dizaines de milliers d'euros de reprise. Et travailler sans décennale alors qu'elle est obligatoire expose l'artisan à des sanctions pénales pouvant atteindre 75 000 € d'amende et six mois d'emprisonnement, sans compter l'obligation d'indemniser le client sur ses deniers personnels. À l'inverse, payer une décennale alors que votre activité n'en relève pas, c'est jeter chaque année plusieurs centaines d'euros par la fenêtre.

Dans ce guide complet, Mon-Assureur (ORIAS n° 26002459), courtier en assurance professionnelle implanté à Clermont-Ferrand dans le Puy-de-Dôme, vous explique précisément ce que couvre chaque garantie, qui doit souscrire quoi, comment les deux s'articulent sur un chantier, combien elles coûtent, et comment un artisan auvergnat peut optimiser son budget assurance sans laisser de trou dans sa couverture. Cas concrets de sinistres, réponse métier par métier, garanties annexes souvent oubliées : tout y est.

La RC Pro en bref : qui, quoi, quand

La responsabilité civile professionnelle, ou RC Pro, est l'assurance qui couvre les dommages que vous causez à des tiers dans le cadre de votre activité professionnelle. Un tiers, c'est votre client, son voisin, un passant, un fournisseur, un livreur : toute personne extérieure à votre entreprise. Le principe est simple : si votre activité provoque un dommage corporel, matériel ou immatériel chez quelqu'un d'autre, votre assureur indemnise la victime à votre place. Sans RC Pro, c'est votre trésorerie — voire votre patrimoine personnel si vous exercez en entreprise individuelle — qui paie la facture.

Concrètement, la RC Pro intervient dans des situations très variées du quotidien d'un artisan ou d'un indépendant :

  • vous renversez un pot de peinture sur le canapé du client pendant un chantier de rénovation ;

  • votre échelle glisse et brise la baie vitrée du pavillon voisin ;

  • un client se blesse en trébuchant sur votre caisse à outils laissée dans le couloir ;

  • votre apprenti raye le parquet massif en déplaçant un radiateur en fonte ;

  • un consultant ou un maître d'œuvre transmet une préconisation erronée qui fait perdre de l'argent à son client.

Point essentiel : la RC Pro n'est légalement obligatoire que pour certaines professions réglementées — agents immobiliers, professionnels de santé, experts-comptables, avocats, courtiers en assurance, agents de voyage. Pour un artisan du bâtiment ou un commerçant, la RC Pro seule n'est pas une obligation légale… mais travailler sans elle relève de l'inconscience pure : un seul dommage corporel grave peut représenter plusieurs centaines de milliers d'euros d'indemnisation, étalés sur des années si la victime garde des séquelles. Aucune trésorerie d'artisan ne survit à cela.

Autre caractéristique structurante : la RC Pro fonctionne pendant la durée de vie du contrat. Vous êtes couvert pour les dommages liés à votre activité tant que votre police est active, avec une garantie subséquente encadrée par le code des assurances pour les réclamations tardives. Elle se décompose généralement en deux volets : la RC exploitation (les dommages causés dans la vie courante de l'entreprise) et la RC professionnelle proprement dite (les dommages liés à la prestation elle-même, y compris après livraison selon les contrats). Pour le détail des garanties, des exclusions et des options, consultez notre page dédiée à l'assurance RC Pro.

La décennale en bref : la garantie de 10 ans de la loi Spinetta

La garantie décennale obéit à une tout autre mécanique. Issue de la loi Spinetta du 4 janvier 1978 et codifiée à l'article 1792 du code civil, elle impose à tout constructeur une responsabilité de plein droit, pendant dix ans à compter de la réception des travaux, pour les dommages qui compromettent la solidité de l'ouvrage ou le rendent impropre à sa destination. C'est une responsabilité sans faute : le client n'a pas à prouver que vous avez mal travaillé, il lui suffit de constater le désordre. À vous (et à votre assureur) de démontrer une éventuelle cause étrangère.

Le terme « constructeur » est entendu très largement par les tribunaux : maçon, charpentier, couvreur, plombier-chauffagiste, électricien, plaquiste, carreleur, menuisier, mais aussi maître d'œuvre, architecte, bureau d'études techniques, économiste de la construction et même vendeur d'immeuble à construire. Dès lors que vous participez à la construction d'un ouvrage neuf ou à des travaux de rénovation touchant à la structure, au clos, au couvert ou aux éléments d'équipement indissociables du bâti, vous entrez dans le champ de la décennale. Cela concerne des milliers d'entreprises artisanales dans le Puy-de-Dôme et partout en Auvergne.

Que recouvrent concrètement « solidité compromise » et « impropriété à destination » ? Des fissures structurelles traversantes sur un mur porteur, un affaissement de charpente, une toiture qui laisse passer l'eau au point de rendre les pièces inhabitables, un carrelage qui se décolle massivement sur un plancher chauffant noyé dans la dalle, un réseau de plomberie encastré qui fuit dans les murs, une isolation défaillante qui rend la maison impossible à chauffer. La jurisprudence est abondante et plutôt favorable aux maîtres d'ouvrage : le doute profite rarement à l'artisan.

Contrairement à la RC Pro, l'assurance décennale est strictement obligatoire avant l'ouverture de tout chantier (article L. 241-1 du code des assurances). Depuis la loi du 18 juin 2014, l'artisan doit en outre mentionner son assurance décennale, les coordonnées de son assureur et la couverture géographique du contrat sur ses devis et ses factures. Exercer sans décennale est un délit pénal : jusqu'à 75 000 € d'amende et six mois d'emprisonnement, auxquels s'ajoute l'obligation de réparer les désordres sur vos fonds propres, pendant dix ans. Pour beaucoup de dirigeants, cela signifie l'engagement du patrimoine personnel.

Retenez la ligne de partage temporelle : la RC Pro joue pendant le chantier, la décennale joue après la réception. La réception des travaux — ce moment où le client signe le procès-verbal, avec ou sans réserves — est la frontière juridique entre les deux mondes. Pour approfondir le fonctionnement, les exclusions et les pièges de cette garantie, consultez notre page complète sur l'assurance décennale.

RC Pro ou décennale : le comparatif détaillé point par point

Durée de couverture. La RC Pro vous couvre tant que le contrat est en vigueur : vous résiliez, la couverture s'arrête (sous réserve de la garantie subséquente). La décennale, elle, court dix ans à compter de la réception de chaque chantier, même si vous avez cessé votre activité, pris votre retraite ou liquidé votre société entre-temps. C'est l'assureur dont le contrat était actif à la date d'ouverture du chantier qui reste tenu pendant dix ans : on parle de gestion « en capitalisation ».

Fait déclencheur. La RC Pro se déclenche par un dommage causé à un tiers pendant l'exécution de la prestation ou la vie de l'entreprise : casse, blessure, erreur, négligence. La décennale se déclenche par un désordre constaté après réception, qui compromet la solidité de l'ouvrage ou le rend impropre à sa destination. Un même chantier peut donc générer les deux types de sinistres, à des moments différents.

Bénéficiaires. La RC Pro indemnise les tiers victimes : clients, voisins, passants, autres entreprises. La décennale protège le maître d'ouvrage et ses acquéreurs successifs : la garantie est attachée au bâtiment, pas au propriétaire. Si votre client vend sa maison trois ans après vos travaux, le nouvel acquéreur bénéficie des sept années restantes de votre décennale.

Caractère obligatoire. La RC Pro est facultative pour la plupart des métiers (mais indispensable en pratique, et contractuellement exigée par de nombreux donneurs d'ordre). La décennale est légalement obligatoire pour tous les constructeurs, avec sanctions pénales à la clé en cas de défaut. Aucune dérogation pour les auto-entrepreneurs : le statut ne change rien à l'obligation.

Coût annuel. Sur le marché, une RC Pro d'artisan ou d'indépendant se situe le plus souvent entre 100 et 600 € par an selon le métier et le chiffre d'affaires. Une décennale démarre rarement sous 600 à 900 € par an pour un auto-entrepreneur en second œuvre, et grimpe couramment entre 1 500 et 3 000 €, voire bien davantage pour le gros œuvre. Ce sont des fourchettes de marché indicatives : chaque dossier est tarifé selon l'expérience, la sinistralité et l'activité déclarée.

Base légale. La RC Pro relève de la responsabilité civile de droit commun (articles 1240 et suivants du code civil) et de la responsabilité contractuelle. La décennale relève des articles 1792 et suivants du code civil et de l'obligation d'assurance de l'article L. 241-1 du code des assurances. Deux fondements juridiques distincts, deux régimes de preuve différents, deux prescriptions différentes.

Conclusion de ce comparatif : la RC Pro et la décennale ne sont pas interchangeables, elles sont complémentaires. L'une sans l'autre laisse un angle mort béant dans la protection de votre entreprise. La vraie question n'est donc pas « laquelle choisir ? » mais « ai-je besoin des deux, et à quel niveau de garantie ? ». C'est ce que nous allons voir avec des cas concrets.

Six cas concrets de sinistres : quelle assurance intervient ?

Rien ne vaut des situations réelles pour comprendre où passe la frontière. Voici six scénarios que tout courtier en assurance spécialisé dans les professionnels du bâtiment rencontre régulièrement, en Auvergne comme partout en France.

Cas n°1 — La fissure structurelle qui apparaît cinq ans après

Un maçon de Riom réalise l'extension d'une maison individuelle. Cinq ans après la réception, des fissures traversantes apparaissent sur le mur de refend : les fondations de l'extension ont été sous-dimensionnées pour un sol argileux. Le coût de reprise est chiffré à 48 000 € (micropieux, reprise en sous-œuvre, maçonnerie). C'est un cas d'école : solidité de l'ouvrage compromise, désordre apparu après réception, dans le délai de dix ans. C'est la décennale qui intervient. La RC Pro n'aurait jamais couvert ce sinistre.

Cas n°2 — Le dégât des eaux pendant le chantier

Un plombier-chauffagiste de Clermont-Ferrand remplace une nourrice dans un appartement occupé. Un raccord mal serré lâche dans la nuit : 40 m² de parquet du client et le plafond du voisin du dessous sont endommagés, pour 11 000 € de dégâts. Le chantier n'est pas réceptionné, le dommage touche des tiers et des biens existants : c'est la RC Pro qui intervient. La décennale ne joue pas : il n'y a ni réception, ni atteinte à la solidité de l'ouvrage construit.

Cas n°3 — Le conseil erroné du maître d'œuvre

Un maître d'œuvre du Puy-de-Dôme conseille à son client un mode constructif inadapté à la réglementation thermique en vigueur. Le permis est refusé, le projet prend huit mois de retard et le client subit un préjudice financier (loyers, surcoûts d'études). Aucun ouvrage n'est encore construit : c'est un dommage immatériel relevant de la RC Pro (faute de conseil). En revanche, si la même erreur de conception se traduit plus tard par un désordre grave sur l'ouvrage achevé, la décennale du maître d'œuvre sera mobilisée. Les professions de conception ont impérativement besoin des deux garanties.

Cas n°4 — La malfaçon découverte sept ans après la réception

Un couvreur intervient sur une toiture à Issoire. Sept ans plus tard, le nouveau propriétaire (qui a acheté la maison entre-temps) constate des infiltrations généralisées : l'écran de sous-toiture a été mal posé, la charpente commence à pourrir. Reprise complète : 35 000 €. Même si l'artisan a pris sa retraite depuis, la décennale souscrite à l'époque du chantier couvre le sinistre, au bénéfice de l'acquéreur actuel. C'est toute la logique de la garantie attachée à l'ouvrage.

Cas n°5 — La pompe à chaleur qui tombe en panne deux ans après

Un chauffagiste installe une pompe à chaleur air-eau. Vingt mois après la réception, le module extérieur cesse de fonctionner sans que la maison soit rendue inhabitable. L'équipement est dissociable du bâti (on peut le remplacer sans détériorer l'ouvrage) : ce n'est ni un sinistre RC Pro, ni un sinistre décennal, mais un cas typique de garantie biennale de bon fonctionnement (article 1792-3 du code civil), que nous détaillons plus bas. Attention toutefois : si la panne rend le logement impropre à sa destination en plein hiver auvergnat, la qualification décennale peut être retenue par le juge.

Cas n°6 — Le client qui se blesse sur le chantier

Pendant des travaux de plaquisterie dans une maison de Chamalières, le client passe voir l'avancement, trébuche sur une règle alu et se fracture le poignet. Arrêt de travail, préjudice corporel, perte de revenus : la facture dépasse 20 000 €. Dommage corporel causé à un tiers pendant l'activité : RC Pro, sans discussion. Un artisan qui n'aurait que sa décennale serait totalement découvert sur ce sinistre — et c'est malheureusement un cas que nous voyons passer régulièrement.

Faut-il les deux ? La réponse métier par métier

La réponse dépend entièrement de la nature de vos travaux. Voici la grille de lecture que nous appliquons chez Mon-Assureur lorsque nous analysons le besoin d'un artisan ou d'un indépendant de la région de Clermont-Ferrand.

Plombier-chauffagiste : les deux, obligatoirement. Les réseaux encastrés, les planchers chauffants et les installations de chauffage central sont des éléments indissociables de l'ouvrage : champ décennal évident. Et les risques de dégâts des eaux en cours de chantier font de la RC Pro une nécessité absolue. C'est l'un des métiers où les deux garanties travaillent le plus.

Électricien : les deux. Une installation électrique complète encastrée relève de la décennale (un réseau non conforme qui rend le logement dangereux le rend impropre à sa destination). Le risque incendie d'origine électrique est l'un des sinistres les plus coûteux du bâtiment : la RC Pro et la décennale doivent être calibrées avec des plafonds sérieux.

Maçon, charpentier, couvreur : les deux, sans aucune hésitation. Vous êtes au cœur du champ décennal : structure, clos, couvert. C'est aussi pour ces corps d'état que les primes décennales sont les plus élevées, car les sinistres y sont les plus chers. Un maçon sans décennale commet un délit à chaque ouverture de chantier.

Plaquiste : les deux, le plus souvent. Le doublage, l'isolation intérieure et les cloisons participent au clos et à l'habitabilité : une isolation défaillante généralisée peut rendre le logement impropre à sa destination. La jurisprudence a déjà retenu la décennale pour des désordres d'isolation thermique. Mieux vaut être couvert que plaider la dissociabilité devant un tribunal.

Peintre et décorateur : RC Pro indispensable, décennale selon l'activité réelle. La peinture purement décorative échappe en principe à la décennale. Mais dès que vous posez des revêtements d'étanchéité, des enduits de façade ou des isolants, vous basculez dans le champ décennal. La clé est de déclarer précisément vos activités à l'assureur : une activité non déclarée est une activité non couverte.

Consultant BTP, coordonnateur, économiste : RC Pro renforcée, décennale selon la mission. Si votre mission relève du pur conseil sans participation à l'acte de construire, la RC Pro avec un bon volet « dommages immatériels » suffit généralement. Si vous assumez une mission de conception ou de suivi d'exécution assimilable à de la maîtrise d'œuvre, la décennale devient nécessaire. La frontière est subtile : faites analyser vos contrats types par un professionnel.

Maître d'œuvre et architecte : les deux, avec des plafonds élevés. Vous êtes responsable de la conception et du contrôle de l'ensemble du projet : en cas de sinistre, vous êtes systématiquement appelé en cause, même quand la faute d'exécution incombe à une entreprise. Votre décennale et votre RC Pro doivent être dimensionnées en conséquence, et complétées le cas échéant par une protection juridique solide. Pensez aussi à protéger vos locaux et votre matériel avec une multirisque professionnelle adaptée.

La garantie biennale et le parfait achèvement : les oubliées

Entre la RC Pro et la décennale, deux garanties légales passent souvent sous les radars. La première est la garantie biennale de bon fonctionnement (article 1792-3 du code civil) : pendant deux ans à compter de la réception, le constructeur doit réparer ou remplacer les éléments d'équipement dissociables de l'ouvrage qui ne fonctionnent pas correctement — volets roulants, ballon d'eau chaude, robinetterie, radiateurs, interphone, VMC. On peut les déposer sans abîmer le bâti : ils ne relèvent donc pas de la décennale, sauf si leur défaillance rend le logement impropre à sa destination.

La seconde est la garantie de parfait achèvement (article 1792-6 du code civil) : pendant un an après la réception, l'entreprise doit reprendre tous les désordres signalés par le maître d'ouvrage, qu'ils soient mentionnés dans les réserves du procès-verbal ou notifiés par écrit pendant l'année. Tous les défauts sont concernés, même purement esthétiques. Point crucial : cette garantie pèse sur l'entreprise elle-même, pas sur un assureur — elle n'est généralement pas assurable. C'est votre qualité d'exécution et votre SAV qui sont en jeu.

Pourquoi en parler dans un article RC Pro contre décennale ? Parce que ces deux garanties complètent la chronologie de votre responsabilité : année 1, parfait achèvement sur tout ; années 1 à 2, biennale sur les équipements dissociables ; années 1 à 10, décennale sur les désordres graves. Et pendant toute la durée du chantier, la RC Pro veille sur les dommages aux tiers. Un artisan bien conseillé connaît ces quatre étages et sait lequel mobiliser quand un client l'appelle.

Attestations d'assurance : ce que vos clients ont le droit d'exiger

Côté décennale, la loi est limpide : depuis 2014, l'attestation d'assurance décennale doit être jointe à vos devis et à vos factures. Elle doit mentionner l'assureur, le numéro de contrat, les activités couvertes et la zone géographique de couverture. Un modèle réglementaire d'attestation a même été imposé par arrêté pour faciliter la lecture. Si vous achetez un bien immobilier dont le vendeur a fait des travaux dans les dix ans, le notaire réclamera également ces attestations lors de la vente.

Vos clients, particuliers ou professionnels, ont donc parfaitement le droit de vous demander votre attestation décennale avant la signature du devis — et les maîtres d'ouvrage avisés vérifient trois points : que l'attestation est valide à la date d'ouverture du chantier, que l'activité exercée correspond exactement aux activités déclarées au contrat, et que le montant du chantier ne dépasse pas le coût maximal d'ouvrage prévu. Une attestation qui couvre la « pose de cloisons sèches » ne couvre pas la création d'une salle de bains complète.

Côté RC Pro, aucune obligation légale générale de produire une attestation, mais dans les faits, impossible d'y échapper : les majors du BTP, les bailleurs sociaux, les syndics, les collectivités et la plupart des donneurs d'ordre l'exigent contractuellement avant de vous référencer comme sous-traitant. Une attestation RC Pro à jour est devenue un véritable sésame commercial. Astuce de courtier : vérifiez que vos plafonds de garantie correspondent aux exigences des appels d'offres de votre secteur — certains marchés publics du Puy-de-Dôme imposent des minima précis par sinistre et par année d'assurance.

Combien ça coûte : fourchettes RC Pro vs décennale par métier

Les chiffres qui suivent sont des fourchettes de marché indicatives constatées en 2026, pour des entreprises artisanales sans sinistralité lourde. Votre prime réelle dépendra de votre chiffre d'affaires, de votre ancienneté, de vos activités exactes, de votre expérience professionnelle justifiable et de votre historique d'assurance. Aucun tarif réglementaire n'existe en la matière : chaque assureur applique sa propre grille.

RC Pro seule. Un consultant ou un indépendant du tertiaire se situe généralement entre 100 et 300 € par an. Un artisan du second œuvre, entre 150 et 600 € par an selon l'effectif et le chiffre d'affaires. Les métiers à fort risque corporel ou incendie montent au-delà.

Décennale (incluant généralement la RC Pro dans les contrats artisans). Pour un peintre ou un plaquiste auto-entrepreneur, comptez le plus souvent 600 à 1 200 € par an. Pour un plombier-chauffagiste ou un électricien, 900 à 2 000 € par an. Pour un maçon ou un couvreur, 1 500 à 3 500 € par an, et davantage encore en cas de reprise après résiliation ou de sinistralité chargée. Les entreprises avec salariés et plusieurs corps d'état déclarés peuvent dépasser 5 000 € par an.

Trois facteurs font fortement varier la note : l'expérience justifiable (un créateur sans diplôme ni ancienneté paie beaucoup plus cher, voire ne trouve pas d'assureur en direct), la sinistralité passée (un relevé de sinistralité chargé peut doubler la prime) et les antécédents d'assurance (une résiliation pour non-paiement complique fortement la re-souscription). D'où l'intérêt de ne jamais laisser un contrat tomber pour impayé : mieux vaut renégocier avant.

Artisans du Puy-de-Dôme : l'intérêt d'un courtier local à Clermont-Ferrand

Pourquoi passer par un courtier en assurance plutôt que de souscrire en ligne en dix minutes ? Parce que la décennale est précisément le contrat où les erreurs de souscription coûtent le plus cher. Une activité mal déclarée, un coût maximal d'ouvrage sous-évalué, une reprise du passé oubliée après un changement d'assureur : autant de pièges invisibles à la souscription, et dévastateurs au moment du sinistre, dix ans plus tard. Le rôle d'un courtier est justement de vérifier ces points ligne par ligne, puis de mettre les assureurs en concurrence pour obtenir le meilleur rapport garanties/prix.

Mon-Assureur, courtier inscrit à l'ORIAS sous le n° 26002459 et basé à Clermont-Ferrand, connaît le tissu artisanal auvergnat : entreprises du bâtiment de la métropole clermontoise, de Riom, d'Issoire, de Thiers ou d'Ambert, créateurs en sortie de compagnonnage, repreneurs d'entreprises familiales. Cette proximité change tout au quotidien : un interlocuteur local qui décroche, qui comprend les spécificités de vos chantiers (sols argileux des Limagnes, contraintes de montagne, bâti ancien en pierre de Volvic) et qui vous accompagne physiquement en cas de sinistre lourd ou d'expertise contradictoire.

Et parce qu'un artisan est aussi un travailleur indépendant, notre métier ne s'arrête pas à la RC Pro et à la décennale : votre protection sociale mérite le même examen. Une bonne mutuelle TNS et une prévoyance indépendant solide (indemnités journalières, invalidité, décès) sont souvent plus urgentes encore que l'optimisation de la prime décennale : un artisan qui se blesse et ne peut plus monter sur un toit pendant six mois perd bien plus que le coût de toutes ses assurances réunies.

FAQ — RC Pro et décennale : vos questions les plus fréquentes

La RC Pro est-elle incluse dans l'assurance décennale ?

Souvent, mais pas toujours. La plupart des contrats décennale destinés aux artisans intègrent un volet RC Pro et RC exploitation. Vérifiez-le noir sur blanc dans vos conditions particulières : certains contrats d'entrée de gamme ne couvrent que la responsabilité décennale obligatoire. L'inverse n'est jamais vrai : une RC Pro seule n'inclut jamais la décennale.

Un auto-entrepreneur du bâtiment doit-il avoir une décennale ?

Oui, exactement comme une SARL ou une SAS. L'obligation d'assurance décennale est attachée à la nature des travaux, pas au statut juridique. Un micro-entrepreneur qui monte des cloisons, pose du carrelage ou installe des réseaux électriques doit être assuré avant d'ouvrir son premier chantier, et mentionner son assurance sur ses devis et factures.

Que se passe-t-il si je change d'assureur en cours de route ?

Pas de panique : en décennale, c'est l'assureur dont le contrat était en vigueur à la date d'ouverture de chaque chantier qui reste tenu pendant dix ans. Vos anciens chantiers restent couverts par votre ancien assureur, les nouveaux par le nouveau. Conservez précieusement toutes vos attestations année par année : elles seront votre preuve en cas de sinistre tardif.

Mon client peut-il retenir le paiement si je ne fournis pas d'attestation ?

L'attestation décennale doit figurer sur vos devis et factures : un client averti refusera de signer sans elle, et un maître d'ouvrage professionnel bloquera votre référencement. En marché privé comme en marché public, l'absence d'attestation est un motif classique de rejet de candidature. Fournir une attestation à jour n'est pas une formalité, c'est un argument commercial.

Les travaux de dépannage et d'entretien relèvent-ils de la décennale ?

En principe non : le simple dépannage, l'entretien ou la réparation ponctuelle sans création d'ouvrage relèvent de la RC Pro. Mais la frontière est mouvante : remplacer une chaudière complète avec modification des réseaux peut constituer un élément d'équipement indissociable. Dans le doute, déclarez l'activité à votre assureur et laissez-le qualifier : c'est lui qui devra payer en cas de litige.

Combien de temps faut-il pour obtenir une décennale à Clermont-Ferrand ?

Pour un dossier simple avec expérience justifiable et sans sinistralité, un courtier peut obtenir des propositions en quelques jours et une attestation sous une à deux semaines. Les dossiers complexes (création sans diplôme, reprise après résiliation, activités multiples) demandent plus de travail de placement. Anticipez : ne signez jamais un devis de chantier avant d'avoir votre attestation en main.

Obtenez votre devis RC Pro + décennale en 3 minutes

Vous êtes artisan, indépendant ou dirigeant dans le Puy-de-Dôme, en Auvergne ou ailleurs en France ? Ne laissez pas un angle mort dans votre couverture. Mon-Assureur, courtier en assurance à Clermont-Ferrand (ORIAS n° 26002459), analyse gratuitement vos contrats actuels, vérifie que vos activités réelles sont bien déclarées et met les compagnies en concurrence pour vous. Demandez votre devis gratuit en 3 minutes : un conseiller local vous rappelle avec des propositions concrètes, sans engagement.

 
 
 

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